Activité physique et cancer
Les données scientifiques disponibles
Un grand nombre d’études indique que les personnes physiquement actives (hommes ou femmes) ont un risque diminué d’incidence et de mortalité par cancer quelle que soit sa localisation.
Les principaux mécanismes susceptibles d’expliquer l’effet bénéfique de l’activité physique sur le risque de cancer en général, sont liés à son impact sur le poids et l’adiposité abdominale.
L’activité physique pourrait diminuer spécifiquement le risque de cancer du côlon via l’accélération du transit intestinal, réduisant ainsi le temps d’exposition de la muqueuse digestive aux cancérogènes d’origine alimentaire.
Concernant les cancers du sein après la ménopause et de l’endomètre, l’activité physique exercerait un rôle protecteur, notamment en diminuant le taux d’estrogènes et en stimulant l’immunité (en particulier sur les taux circulants d’insuline et d’autres facteurs liés à l’hormone de croissance.
Plusieurs travaux scientifiques ont conclu qu’une activité physique régulière démarrée après le diagnostic de cancer du sein diminue significativement la mortalité globale, la mortalité par cancer du sein et le nombre de récidives du cancer du sein. Ainsi dans l’étude américaine portant sur 121 700 infirmières, le risque de décès par cancer du sein ou de récidive d’un cancer du sein est diminué de 20 à 50 % chez les femmes qui marchent 3 à 5 heures par semaine, par rapport à celles qui marchent moins de 3 heures par semaine (Holmes, 2005). Ces résultats ont été confirmés par l’étude WHEL (Women’s Healthy Eating and Living Study) qui rapporte un risque de rechute réduit de 44 % pour les femmes qui marchent 30 minutes par jour 6 fois par semaine (Saquib, 2007).
L’exercice physique fait partie des moyens désormais bien décrits pour améliorer la fatigue quel que soit le cancer. L’efficacité de l’exercice physique est établie et son utilisation est recommandée pendant et après le traitement.
L’Institut National du Cancer (INCa) a publié le 30 mars 2017 un état des lieux des connaissances sur les bénéfices de l’activité physique chez les patients atteints de cancer. Ce rapport et sa synthèse donnent également des clés pratiques aux professionnels de santé pour l’instauration ou le maintien d’une activité physique pendant et après un cancer. Ce rapport conclut à un bénéfice de l’activité physique sur :
- la prévention ou la correction d’un déconditionnement physique .
- un maintien et/ou une normalisation de la composition corporelle .
- une réduction de la fatigue liée aux cancers et une amélioration globale de la qualité de vie .
- une amélioration de la tolérance des traitements et de leurs effets à moyen et long terme .
- un allongement de l’espérance de vie et une réduction du risque de récidive.
Plus l’activité physique est initiée (ou préservée) tôt dans le parcours de soins, plus ses effets seront bénéfiques sur le patient. Ces bénéfices sont observés pour une pratique mixte (cardio-vasculaire/renforcement musculaire), comportant des exercices d’intensité modérée à élevée, 30 minutes par jour au moins 5 fois par semaine. Une pratique de faible niveau constitue toujours un acquis par rapport à l’état sédentaire. Les professionnels de santé ont un rôle important à jouer concernant l’engagement des patients dans la pratique d’une activité physique régulière et adaptée à leur condition clinique et dans la réduction des temps de sédentarité.